Cocoonavirus®3ème semaine de confinement

Vendredi 3 avril 2020

On nous parle depuis le 16 mars 2020 de confinement. On se retrouve coupé du monde, plus de liberté sociale. Nous avons tellement l’habitude d’être entourés et d’avoir notre esprit envahi. Que la perspective de nous retrouver en confinement est terrible.

Et pourquoi ne pas se lier d’amitié avec ce confinement, pourquoi ne pas en tirer quelque chose de bon, de meilleur. Je pense qu’en toute chose négative il y a du bon.

LES DERNIERS CHIFFRES

Au 2 avril 2020 il y a 26246 personnes hospitalisées, 6399 de cas graves en réanimation, 382 nouveaux patients sont entrés en réanimation le 1er avril. 4503 personnes sont décédées à l’hôpital. 12428 personnes positives au coronavirus sont rentrées guéries.

Ces chiffres me font froid dans le dos. J’ai une très grande pensée pour nos compatriotes qui aujourd’hui souffrent de ce fléau directement et/ou indirectement.

DU CONFINEMENT……….

Parlons un peu du confinement, c’est l’action d’être confiner, d’être reclus. Définition qui n’a pas du tout le même sens pour tout le monde.

Outre les inégalités sociales dont on parle tout le temps. Et bien si on divise en 3 catégories la population française, on se rend vite compte que les inégalités s’amplifient dans des situations catastrophes comme la pandémie de coronavirus.  Ces mêmes inégalités qui ont beaucoup plus de répercussions pour les plus démunis.

Mais catégorisons donc :

1ère catégorie, celle des familles aisées, qui de part leur statut et leur moyens financiers ont beaucoup moins de mal à supporter le confinement. Grande maison spacieuse en ville ou à la campagne, piscine privée, grand jardin voire grand parc. Assez d’espace pour que chacun puisse vivre son confinement sereinement et en toute intimité.

Assez de moyens financiers pour se faire livrer les courses alimentaires ou autre. Equipement numérique et informatique dernier cri et ce pour chacun des membres de la famille. Et pour ce qui est de la fin du confinement et bien il n’aura le même impact que les autres.

2ème catégorie, les classes qu’on appelle « moyennes », parce-que tout est moyen. Salaire moyen, travail moyen, logement moyen et j’en passe.

Pas assez riche pour s’en sortir pas assez pauvre pour se faire aider.

Disposant d’un logement correct, un revenu stable, équipées en informatique et assez d’instruction pour faire l’école à la maison.

Malgré tout pour cette catégorie la fin du confinement va être difficile. Les vacances seront probablement reportées, il faudra faire plus d’économies et rogner sur certains petits plaisirs. Et comme si cela ne suffisait pas le moral sera en berne.

Notre troisième et dernière catégorie, ceux qu’on appelle « les pauvres » ou « les personnes vivants sous le seuil de pauvreté » cela fait plus jolie. Pour rappel parce qu’il faut le savoir. Un individu est considéré comme pauvre en France, lorsque ses revenus mensuels sont inférieurs à 867e. Ceci est une moyenne.

Vous imaginez bien ce qui découle de ce constat pour ces personnes dont on ne parle jamais durant le confinement.

On ne cesse de nous montrer les familles en plein travail à la maison disposant de tout ce qu’il faut, des privilégiés faisant des chorégraphies au bord de la piscine ou pire des « artistes » en tout genre déployant un monstre d’imagination pour qu’on ne les oublie pas.

Mais où sont les reportages des familles entassées à 8 ou 10 dans un logement HLM, où sont les reportages de SDF subissant la double peine. Ou bien encore les camps de roms ou de migrants, où sont les familles bénéficiant d’aides du secours populaire.

Pour ces gens pas de piscine, pas d’espace, pas d’informatique. Et je ne parle même pas des difficultés à se nourrir. A cela rajoutons les difficultés scolaires. La continuité pédagogique demandée et conseillée par le gouvernement est quasi inexistante.

………….AUX CONFINS

« J’ai la nostalgie d’une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes…une route qui conduise aux confins de la terre…où l’esprit est libre ». Henri David Thoreau Artiste, enseignant, philosophe et poète (1817-1862 »

On pourrait citer ce poème au terme de notre confinement. Lorsque nous aurons finalement la nostalgie de cette période où nous avons pu découvrir et même redécouvrir certaines choses.

Pour certains on reparlera des repas en famille retrouvés qui jusqu’ici étaient rares en temps normal, les montagnes de livres qu’on n’a jamais le temps de lire, ce meuble qui attend d’être monté depuis plus d’un mois, etc…. Et si loin du côté matériel des choses, ce confinement nous amenait vers le plus profond de nous-même ? Aux confins.

Chaque jour que nous le voulions ou pas, nous empruntons la même route, le même chemin. Peu importe notre métier, notre condition sociale. Pourquoi ?

Tout simplement parce-que nous avons peur et aujourd’hui plus que jamais avec cette pandémie notre peur est encore plus exacerbée. En qualité d’être humain la peur fait partie intégrante de nos émotions, peur que l’on ressent en présence ou dans la perspective d’une menace. Au même titre que la joie ou le bonheur, la peur est une émotion.

Mais la peur est malheureusement beaucoup plus puissante, elle nous pousse aux confins de nous-même et nous invite à ériger des barrières qu’il est extrêmement difficile à faire tomber.

Alors que nous sommes actuellement privées de notre liberté sociale, nous n’avons plus la possibilité de poser un mouchoir sur nos peurs. Pas de collègues, pas de trajet, pas de cinéma, pas de restaurant, pas de sorties. Tout ce qui nous permet d’oublier nos peurs. Tous ces petits moments qui nous empêchent de nous faire face.

Aujourd’hui nous sommes seul face à nous même, à nos pensées, à nos choix de vie, à nos regrets, à nos déceptions, à notre solitude et face à nos doutes. Ce confinement est tellement salvateur, vous n’imaginez pas à quel point il est une chance. La chance de remettre à l’heure les pendules de notre vie.

Avec le poème de Henri David Thoreau, bien avant la nostalgie faisons un retour rapide sur les routes sinueuses de notre vie, ces routes inhabitées qui parfois nous amènent bien loin de ce que nous sommes vraiment.

Et si ce confinement remplissait enfin les parties manquantes, en allant aux confins de notre esprit, ce qui nous permettrait enfin de réaliser ce que nous souhaitons depuis toujours, de nous réaliser et gagner cet esprit libre cité dans le poème.

Ce confinement nous pousserait-il pas justement sur une route que nous connaissons, que nous voulons emprunter mais que nous avons peur d’emprunter ?

Cette route est celle du parcours de notre vie. Et la vision du nouveau chemin à prendre. Cette privation de liberté est peut-être en réalité la vraie liberté, celle du confinement aux confins de nous-même.

RESTEZ CHEZ VOUS

Latifa pour FËLEZINE®

BLOG D’ACCOMPAGNEMENT PERSONNEL ET STYLE DE VIE.

5 commentaires sur “Cocoonavirus®3ème semaine de confinement

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s