CLEO DE 5 A 7

CLEO DE 5 à 7 est un film français réalisé par Agnès Varda née le 30 mai 1928 à Ixelles en Belgique. Elle a beaucoup de films à son actif comme Ulysse, Deux ans après ou encore Les plages d’Agnès. Agnès Varda est décédée le 29 mars 2019 à Paris.

CLEO DE 5 à 7 est sorti en salles en 1962, entièrement tourné à Paris. Dans le rôle de Cléo (Corinne Marchand), on y aperçoit bien sûr Michel Legrand  qui interprète Bob.

Nous sommes à Paris, le 21 juin 1961, c’est le premier jour de l’été. Le jour le plus long de l’année et c’est peu de le dire pour Cléo (Corinne Marchand). Cette jeune et jolie chanteuse qui attend impatiemment les résultats de ses examens médicaux.

Le film défile en plusieurs chapitres, comme les chapitres d’une vie. Celle de Cléo, chanteuse à succès. Jeune adulte gâtée et choyée par son entourage proche comme Angèle (Dominique Davray) sa gouvernante ou encore son amant furtif José (José Luis de Vilallonga) sans oublier ses musiciens Bob (Michel Legrand) et Maurice (Serge Korber).

LA CARTOMANCIENNE

Il est 17 h, Cléo se trouve chez Madame Irma, la cartomancienne. Elle souhaite se faire tirer les cartes. Inquiète pour son état de santé, elle cherche à se rassurer. Mais le présage est loin d’être de bon augure.

Elle tire 4 cartes, ces mêmes cartes dans lesquelles elle cherche un peu de réconfort, s’avèreront comme une mise à mort psychologique pour Cléo.

LE PENDU, c’est le changement, la souffrance.

LA FEMME, c’est la maladie (tiens donc)

LA RENCONTRE, un bonimenteur, très bavard

LA MAISON DIEU, le bouleversement, la maladie trop prise à cœur.

Dernière carte et non des moindres, LA MORT, Cléo s’écroule. Mme Irma tente d’expliquer que « mort » dans les cartes ne veut pas forcément dire mort dans la vie. Que c’est un changement, une nouvelle route.

CHAPITRE I : CLEO de 17h05 à 17h08

Elle quitte le cabinet de la cartomancienne. Elle descend les escaliers. Cléo est encore troublée par les dires de la voyante. S’arrête face à un miroir et s’offre cette petite phrase qui explique bien l’esprit de Cléo « malade certes, mais belle !».

CHAPITRE II : CLEO de 17h08 à 17h13

Elle rejoint Angèle sa gouvernante dans un café. Elle est inquiète et se met à pleurer à chaudes larmes. Angèle la raisonne et lui demande de ne pas en faire un drame et d’arrêter de tout exagérer. Elle prend un café.

« La vie donne raison à l’envie »

CHAPITRE III : CLEO de 17h13 à 17h18

On s’arrête chez un chapelier, un achat pansement pourquoi pas après tout. Cléo semble heureuse et détendue. Elle rit, elle s’amuse. Achète un chapeau noir et sort du magasin en compagnie d’Angèle.

Le nouveau chapeau noir

CHAPITRE IV : ANGELE de 17h18 à 17h25

Elles sautent dans un taxi pour rentrer à la maison. Elles plaisantent de la musique diffusée dans le taxi et des étudiants des beaux-arts qui défilent dans la rue.

Les deux femmes arrivent à l’appartement, Cléo se change et jette à terre tous ses vêtements. Ce n’est pas grave Angèle est là qui passe derrière elle pour ramasser les caprices de Madame. Cléo allume une cigarette, s’étire et s’allonge enfin sur son lit.

Cléo s’étire

CHAPITRE V : CLEO de 17h25 à 17h31

On sonne à la porte, c’est son amant José. Comme d’habitude il ne restera pas bien longtemps. Mais ce n’est rien tant que celui-ci continuera à la couvrir de cadeaux.

Et puis il y a Angèle toujours là pour rassurer.

« Qui croît savoir le pire, ne connaît pas le meilleur ». Angèle

CHAPITRE VI : BOB de 17h31 à 17h38

Les musiciens Bob et Arthur sont là pour les dernières répétitions. Ils essaient d’amuser et faire rire Cléo. Qui une fois l’amusement passé, s’agace de leurs comportements.

Cléo n’aime pas les chansons apportées aujourd’hui. Tout l’ennui. Mais Arthur, dit « Plumitif » parce qu’il est la plume, le parolier. Arrive à lui faire chanter une chanson, la chanson « SANS TOI ».

Cléo interprète cette magnifique chanson « sans toi »

CHAPITRE VII : CLEO 17h38 à 17h45

Cléo chante « sans toi ». Elle prend à bras le corps la chanson et les paroles. Elle est stressée, fatiguée, épuisée. En larmes après la chanson, elle critique les paroles trop noires, elle superpose la chanson à son état actuel. Les musiciens la trouvent capricieuse, elle les accuse d’alimenter ses caprices. Elle somme les musiciens de partir.

Elle décide de sortir, elle enfile une robe de circonstance, la couleur noire qui reflète son état d’esprit et ainsi colle au mieux à la chanson. Elle jette sa perruque comme pour se mettre à nu. Pose sur sa tête ce chapeau noir acheté plus tôt.

CHAPITRE VIII : QUELQUES AUTRES de 17h45 à 17h52

Elle ère dans les rues de Paris. S’arrête encore face à un miroir et n’oublie pas de se féliciter de ce beau visage. Les discussions et paroles des badauds sont exacerbées, elle pense que tout le monde ne voit qu’elle. Narcissisme ou la peur que la maladie ne se voit ?

CHAPITRE IX : DOROTHEE de 17h52 à 18h

Elle s’en va retrouver une amie, qui pose pour un atelier de sculpture. Cléo a besoin d’amitié, un grand besoin de se confier.

Une balade en voiture, on se rappelle le bon vieux temps, on rit, on plaisante. Et puis on parle de la maladie. Elle explique à Dorothée sa maladie. Elle n’oublie pas de se réjouir du fait que la maladie se trouve dans son ventre comme ça on ne la voit pas. Ce perpétuel souci d’image.

Elle ne cesse de dévisager les passants comme si avant l’annonce de sa supposée maladie, les personnes environnantes n’existaient pas. Comme pour découvrir qu’il n’y a pas que Cléo sur terre.

CHAPITRE X : RAOUL de 18h à 18h04

Elles s’arrêtent toutes les deux chez Raoul, projectionniste et petit ami de Dorothée. Elles visionnent un petit film et repartent.

CHAPITRE XI : CLEO de 18h04 à 18h12

Elles dévalent les escaliers. Dorothée fait tomber son porte-monnaie. Un miroir se brise. Cléo est effrayée et invoque le malheur et la mort. Tout est prétexte à superstition pour Cléo. Elle demande à son amie si elle est superstitieuse.

Dorothée : « non, mais j’ai peur de la peur des autres ».

Les amies se séparent. Cléo s’arrête dans un parc.

Elle descend les marches nonchalamment, fredonnant une chanson, esquissant quelques pas de danse. Comme quelqu’un d’heureux. Un homme l’aborde, il parle, qu’est-ce qu’il parle ! Ne serait-ce pas le bonimenteur annoncé par Madame Irma ?

CHAPITRE XII : ANTOINE de 18h12 à 18h15

Il s’appelle Antoine, il est calme, amusant, bavard et en permission (guerre d’Algérie).

Elle se sent bien avec lui, finalement les bavardages l’amusent, elle commence à se confier sur sa maladie. Mais Antoine tourne tout à la dérision et ça agace Cléo. Antoine propose à Cléo que plutôt que d’attendre l’appel de son médecin pourquoi ne pas aller ensemble chercher les résultats directement à l’hôpital.

Cléo accepte, ils prennent le bus jusqu’à l’hôpital. Mais le médecin semble parti. Cléo est hors d’elle. Elle qui attend depuis 2 jours.

Ils décident de s’asseoir sur un banc pour contempler le jardin. Elle demande à Antoine ses coordonnées. Une voiture passe, c’est le médecin. Le couperet tombe, c’est confirmé, Cléo est bel et bien malade. Le médecin lui donne rendez-vous pour le traitement et la rassure au passage.

Pourquoi se dit-elle ? Elle regarde Antoine, elle n’a plus peur et se trouve même heureuse.

CONCLUSION

J’aime beaucoup ce film pour son naturel. Le spectacle de Paris en fond est juste sublime. Regarder « CLEO DE 5 A 7 » en 2020 c’est se plonger dans le Paris des années 60.

Les images sont naturelles, les scènes exemptes de futilités en tous genres, et les acteurs ????? En fait le jeu d’acteur ressemble plus à un jeu de théâtre. Vraiment j’ai l’impression que le film est une pièce de théâtre, tant les scènes sont brèves et éloquentes. On n’a pas besoin d’en rajouter.

D’ailleurs ce serait une superbe idée de l’adapter en pièce de théâtre.

Cléo vit une attente douloureuse et stressante de résultats médicaux. Elle est tellement centrée sur elle-même qu’elle en oublie son entourage et le monde. La maladie lui rappelle que sans les autres nous ne sommes rien. Elle recherche de la compréhension, mais refuse les reproches. Elle veut des conseils mais rejette l’évidence. Et puis comme une chose en suspens, lors de l’annonce du médecin, Cléo n’a plus peur.

Parce que comme tout le monde l’être humain est tenu en haleine pour énormément de choses. Un examen scolaire, un entretien d’embauche, un rendez-vous donné ou un résultat médical.

Mais comme bon être humain qui se respecte, nous sommes pour la grande majorité fatalistes. Et bien que douloureuse ou heureuse, cette réponse tant attendue finalement n’est qu’une petite fenêtre sur nos peurs. Que la fatalité referme lentement.

Latifa pour FËLEZINE-HEUREUX-PRESAGES.COM

BLOG D’ACCOMPAGNEMENT PERSONNEL ET STYLE DE VIE.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s